Les dessous du rachat de Quick par Burger King

L’Autorité de la concurrence vient d’autoriser le rachat des restaurants Quick par le groupe Olivier Bertrand, qui utilise déjà la marque Burger King en France. Une entreprise pas vraiment célèbre créée par un personnage plus ou moins discret. Agé de 46 ans et père de quatre enfants il prend le temps de parler de ses projets en pensant chaque phrase. Ce qui est très rare de nos jours, il écoute soigneusement ses interlocuteurs. Celui-ci a commencé et est devenu riche par la limonade, la bistroterie parisienne, les salons de thé et la vente de hamburgers, il n’a pas la manie d’apostropher ses collaborateurs de loin dans les couloirs lumineux du nouveau QG qu’il vient de mettre en place dans un immeuble rénové du XVIIe arrondissement de Paris.

Il est du genre tranquille et autorité démunie d’autocratie. Il gère du regard et d’une voix douce, sans dispute mais au pas de course. Car son calme n’est, bien sûr, qu’apparent. Olivier Bertrand est très actif qui se soigne. Partisan de plongée, de tennis et d’équitation, depuis qu’il est devenu père il ne pilote plus son hélicoptère, il a embauché un pilote. Le visage calme, mais la longue cicatrice située sous sa joue, est le fruit d’une sortie à moto achevée dans des barbelés, montre son goût pour la vitesse.

Très persuasif

L’homme qui adore la vitesse est trahi aussi par ses faits d’entant. Son groupe a multiplié par deux son chiffre d’affaires en trois ans, à 680 millions d’euros. C’est à lui qu’appartient Burger King en France ! En 2013, pendant qu’il dirige plusieurs établissements parisiens traditionnels (Angelina, Lipp, La Gare, Tsé…) et des chaînes Bert’s, Au Bureau et Café Leffe, il lit dans la presse que le nouvel actionnaire de Burger King, le fonds américano-brésilien 3G Capital, envisage de le relancer à l’international. Il prend rapidement son et réussit à convaincre ses dirigeants de lui donner la master franchise de l’enseigne pour la France, avec une grande possibilité pour adapter l’univers du Whopper (le sandwich-vedette de Burger King) au paysage local.

En entrant dans ce secteur, il sait déjà qu’il sera difficile de se faire une place sur ce marché français, sur lequel règne en maitre McDonald’s. Et il est au courant que Quick traverse des moments difficiles. Il a lui-même autrefois géré une dizaine de restaurants de Quick entre 2004 et 2008 avant d’abandonner le projet.